Avec le groupe de rap Loco Locass, Biz a chanté « Libérez-nous des libéraux», mais bien avant cela, son expérience de moniteur dans les camps de vacances de 1991 à 1994 (Camp Trois-Saumons, Camp Minogami et Colonie des Grèves) lui a permis de devenir l’homme qui prend aujourd’hui librement la parole. 

« Mon premier été comme moniteur a été formateur. J’étais d’une nature misanthrope, avec un versant sombre. J’avais, seulement une expérience de plein air, qui était de faire du canot avec la famille, mais j’aimais beaucoup le cadre de la forêt. Ç’a été une révélation dans mon rapport avec les autres. Je suis devenu humaniste. J’ai appris sur moi-même, sur les autres, sur les enfants et avec les enfants. Jusqu’à mes 25 ans, ç’a été l’emploi le plus important de ma vie», raconte-t-il.

Biz a vite constaté que le rôle de moniteur comportait une grande responsabilité. « Les enfants te confient des choses importantes, en même temps, c’est dans un contexte léger. Tu représentes un modèle pour eux. Ils se collent à toi autour de feu. C’est valorisant, on devient quelqu’un de signifiant. Le meilleur de nous-mêmes remonte! Ça m’a convaincu que j’étais capable de m’occuper d’un enfant. Quand on te les confie, c’est une immense marque de confiance.»

«Les ados sont capables du pire et du meilleur. Il faut les amener à découvrir leur potentiel et leur faire découvrir le monde dans son immensité», croit-il. Et pour y arriver lorsqu’on est moniteur, nul besoin d’être le plus drôle ou de parler à un rythme de mitraillette. « On peut être du genre Roy Dupuis ou du genre Hubert Reeves. Il faut surtout rester, qui on est».

Pour Biz, le travail de moniteur lui a permis de garder sa capacité d’émerveillement et de se rebrancher sur son enfance.

À l’été 2006, Biz a retrouvé avec bonheur la vie de camp. Avec Chafiik et Batlam, les deux autres membres du groupe, il a préparé un spectacle symphonique avec les jeunes du Camp musical St-Alexandre, dans le Bas-St-Laurent. Si Batlam et lui savaient à quoi s’attendre pour l’avoir déjà vécue, « Chafik a été renversé de vivre cette expérience pendant une semaine», de dire Biz. «Mes deux passions, le camp et la musique, se sont rejointes», conclut le rappeur. »

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